Thérapie craniosacrale pour un bébé © Dmitry Naumov / AdobeStock.com

Thérapie craniosacrale pour un bébé

La thérapie craniosacrale a évolué de l'ostéopathie à une forme indépendante de thérapie complémentaire, qui est souvent également efficace chez les bébés. L'autorégulation du corps doit être stimulée par des impulsions manuelles. Le rapport d'expérience suivant montre comment cette forme de thérapie peut libérer les blocages après une naissance ou une grossesse difficile et renforcer en douceur l'équilibre interne du bébé et, si nécessaire, tout l'ensemble du système.

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Jonas ne cesse de pleurer. Il retient de temps en temps sa respiration et recommence immédiatement. Sa mère Sandra est également en pleurs lorsqu'elle entre avec son enfant dans le cabinet de la thérapeute craniosacrale. Elle s’en excuse lorsque le thérapeute l’accueille. Le trajet de la maison au cabinet a été stressant, Jonas n'a fait que crier et les nuits ont été courtes. C'était tout simplement trop pour elle en ce moment. La thérapeute calme Sandra et entame en entretien d'anamnèse détaillé. Il recueille alors des informations importantes sur la grossesse, l'accouchement et le temps écoulé depuis la naissance. Pour soulager la mère, la thérapeute propose de prendre Jonas dans ses bras, qui pleure encore. Sandra accepte son offre et lui exprime sa gratitude. Pendant que Sandra raconte son histoire, Jonas est allongé dans les bras de la thérapeute, qui met ses mains sur son ventre tout en écoutant. Il faudra quelques minutes avant qu’elle remarque que l'excitation de l’enfant s’estompe lentement.

L’heure de la décision

Sandra raconte que leur mariage restait sans enfant sauf quelques traitements in vitro. Après son quarantième anniversaire et un entretien avec son gynécologue, Sandra et son mari ont décidé de renoncer à avoir des enfants. Mais après quelque temps, Sandra constate qu’elle attend un heureux événement. La grossesse s'est déroulée relativement sans problème jusqu'au quatrième mois. Puis des myomes, un placenta trop profond et une déchirure ont entraîné tout à coup des complications. Quand le jour de la naissance arrive enfin, tout va très vite. Bien que le bébé se présente bien pour un accouchement normal, la décision est prise de pratiquer une césarienne en raison du risque accru que court la parturiente.

Retrouver l’équilibre interne

Entretemps, Jonas s'est endormi dans les bras de la thérapeute. Sandra parle depuis près d'une heure et réalise maintenant à quel point cela lui a fait du bien. Avoir la possibilité de partager avec quelqu’un les sentiments et les événements des derniers mois. Elle a le sentiment que la thérapeute la comprend et est de son côté. La thérapeute a également compris que la cliente éprouvait un sentiment de culpabilité à cause de la césarienne. Elle lui explique donc qu'une césarienne s'accompagne souvent d’une impression d'impuissance, de fatalité et de culpabilité. Sandra a également remarqué que la thérapeute lui apporte son soutien par le biais de petites interventions pour la calmer et lui permettre de retrouver son équilibre. Pendant que Sandra raconte son histoire, la thérapeute lui demande à plusieurs reprises de s'arrêter et d’essayer de voir quels sentiments et sensations physiques son récit déclenche en elle. Elle lui rappelle de respirer et lui demande d’inspirer profondément entre deux respirations. Ce faisant, elle renforce très subtilement sa confiance en soi et lui donne le sentiment qu'elle va bien, qu'elle est une bonne mère et qu'elle peut avoir confiance en ses capacités.
 

Une relaxation profonde

Comme Jonas dort, la thérapeute propose à Sandra un léger traitement en position couchée. Elle agit sur le plexus solaire, l'entrée thoracique supérieure et l'os occipital. Cela a pour effet de calmer l'ensemble du système nerveux, la respiration s’approfondit et la tension membranaire diminue. La pression que Sandra ressentait dans sa tête a disparu après le traitement. Elle se sent plus calme et plus à l'aise.
 

Renforcement des forces d’auto-guérison intrinsèques

Lors du deuxième traitement, la thérapeute accueille une mère beaucoup plus calme. Sandra lui raconte que deux jours après le dernier traitement, Jonas a beaucoup pleuré une fois et que la situation s'est considérablement améliorée depuis. Mais après l'allaitement, il a toujours tendance à avoir des crampes d'estomac et à s'agiter. Sandra raconte également que l'inspiration et l'expiration profondes et conscientes l'ont beaucoup aidée. Pendant que Sandra parle, Jonas semble agité. Sa respiration est rapide et il s’agite violemment sur la couchette. Jonas a l'air de regarder à travers un voile, se tortille et son visage se déforme à plusieurs reprises. La thérapeute lui touche doucement le ventre, écoute ses rythmes
intérieurs et lui donne de douces impulsions avec ses mains. Elle l’accompagne ensuite de ses propres mouvements – peut-être ceux qui ont justement été interrompus par la césarienne. Des moments de détente et de reprise des forces alternent avec des moments où le corps de Jonas semble être sous forte tension, où son visage devient rouge et sa respiration s’accélère. La thérapeute traite maintenant Jonas au niveau du crâne et du sacrum. Grâce à son travail, elle renforce ses pouvoirs d'auto-guérison intrinsèques. Le système nerveux du bébé se calme, sa respiration devient plus profonde. Une fois de plus, Jonas tourne sa zone lombaire sur le côté droit, puis tout se calme. Alors que la thérapeute place son avant-bras sur le côté pour tenir sa tête, il s'endort.
 

Renforcer le lien

Pour l'intégration, la mère s'allonge sur la couchette à côté de Jonas. Une position qui permet de renforcer les liens. Une partie importante de la thérapie craniosacrale avec les bébés et les jeunes enfants repose sur le fait que la mère et l'enfant peuvent construire une relation de confiance et instaurer ensemble un sentiment de sécurité. Après la deuxième séance, la digestion de Jonas s'est améliorée. Ses crampes abdominales se sont atténuées et ont même complètement disparu quelque temps plus tard. Son regard est également devenu plus clair. Il semble plus éveillé et présent, comme Sandra le fait savoir quelques jours plus tard à la thérapeute lors d’un entretien téléphonique où elle rend compte de l’évolution de la situation.
 

Doux mais efficace

Les traitements spécifiquement destinés aux enfants sont une spécialisation de la thérapie craniosacrale. Les thérapeutes craniosacraux traitent l'ensemble de l'organisme du bébé ou du jeune enfant par un travail corporel doux, non invasif et empreint de sensibilité. Ils stimulent les pouvoirs d'auto-guérison du corps et de l'âme, libérant ainsi les tensions non seulement structurelles mais aussi émotionnelles. Quelques séances suffisent souvent pour obtenir des améliorations significatives de la situation. Chaque traitement est adapté à la situation individuelle et peut évoluer de différentes manières, souvent avec la participation des parents. La thérapie craniosacrale est adaptée pour le soutien pendant la grossesse ainsi qu’après la naissance. Elle a fait ses preuves, par exemple, dans le cas d'enfants qui pleurent, de problèmes de succion ou de sommeil, de crampes abdominales, de torticolis ou d'asymétries crâniennes ou encore de problèmes de tonus. Vous trouverez sur le site www.craniosuisse.ch une liste de thérapeutes spécialisés dans le traitement des bébés et des enfants.
 
Ce rapport d’expérience a été mis à disposition par Cranio Suisse®, la Société Suisse de Thérapie Craniosacrale.
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